"Les photographies d'Anabell Guerrero, identifient en gros-plans ces continents; elles le font sans réthorique ni emphase, mais avec respect. Les mains deviennent la terre cultivée, une jambe une route, un front un foyer, une couverture un champ, un oeil s'ouvre en delta"
John Berger
Délocalisation
“Je peux changer en échangeant avec l'autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer. C'est pourquoi nous avons besoin des frontières, non plus pour nous arrêter, mais pour exercer ce libre passage à l'autre, pour souligner la merveille de l'ici-là... Les personnages d'Anabell Guerrero tissent et tâtent le détail de leur vie de tous les jours, ils regardent au loin, par dessus la barrière ou le grillage ou le barrage de frontière. Ce ne sont pas les insignes marqueurs d'une immensité, mais les conducteurs de la Relation"
Edouard Glissant
Frontières, non limites
"Anabell Guerrero a opté pour une forme tout à fait différente des canons du photo-reportage classique. En s'approchant, en s'attachant à des détails, en fragmentant objets et portraits, en mêlant noir et blanc et couleur, en refusant toute forme d'anecdote, dans les faits comme dans ses images, en jouant sur les plans, la netteté et le flou délicat, elle nous propose une autre forme de témoignage"
Christian Caujolle
Fondateur et Directeur artistique de l'agence et de la galerie VU
“Si l’éthique de la peinture consiste à rendre visible l’invisible, celle de la photographie (c’est en tout cas ce que nous apprend le travail d’Anabell) consiste à ramener à la presence ce qui disparait; ce qui s’est absenté, ce qu’on a exclu, ce qui s’est égaré”
Christian Salmon
Peindre avec les peaux
"Anabell Guerrero a approché ces femmes pendant deux ans lors de divers séjours, en marge de toute vision ethnologique, afin de retranscrire leur humanité intense et determinée. Libérées du moindre arrière-plan dans leurs amples robes bigarrées, elles semblent être les totems universels de la résistance sereine”
Patrice Giunta
Libération
“La fragmentation de l'image pour laquelle la photographe a opté conceptuellement et stylistiquement, en allongeant la silhouette, ne fait que renforcer ce qui se dégage de cette présence solide et inamovible. La répétition choisie de certains plans (détails) empilés les uns sur les autres, allonge le corps de façon démesurée, donnant à ces portraits, sortes d'icônes ou de totems féminins, une identité démultipliée, métaphore de ce matriarcat forçé où transparaît néanmoins une force vitale indestructible”
Christine Frérot
Art Nexus